Une secte à la Sorbonne

Olivier Hertel – Sciences et Avenir – Septembre 2007

La vénérable université a accueilli une inquiétante conférence du maître de la « Biologie Totale ». « Sciences et Avenir » était là.

Extrait: Il disait qu’il vivrait centenaire. Claude S. est mort en 2007, à l’âge de 68 ans, d’un cancer de la prostate. Il s’était rapproché de la Biologie Totale dans les années 1990 par l’entremise de son frère, Gérard S., devenu depuis thérapeute et formateur en « décodage biologique ». En 2001, Claude S. tombe malade. En Biologie Totale, si l’on veut guérir, il faut trouver le stress à l’origine de sa pathologie. Voici ce que dit Gérard Athias, médecin retiré de l’ordre et l’un des meilleurs élèves de Sabbah, sur son forum Internet, à propos de l’origine du cancer de la prostate : « Ça va du couple mal assorti au conflit semi-sexuel hors norme en passant par un drame par rapport aux petits enfants [inceste] et avec parfois une mémoire de “je demande pardon par rapport à une sexualité hors mariage…” » Un malade va donc devoir se poser des questions sur sa vie et son entourage. La Biologie Totale peut alors semer le trouble dans toute la famille. Les S. étaient au bord du chaos : « A un moment donné, je n’en pouvais plus. Quand j’ai fait une crise d’asthme, il n’a pas voulu appeler le médecin, témoigne sa femme, Maryse S. Il refusait de se soigner et continuait à chercher l’origine de son conflit. Il se mettait dans des colères noires dès qu’on osait critiquer la Biologie Totale ». Il prend pendant des années du Pantestone, c’est-à-dire de la testostérone, contre-indiquée en cas de cancer de la prostate. Et c’est un médecin, Hubert S., son propre cousin, lui aussi adepte de la Biologie Totale, qui en fait la prescription. Bénéfice attendu : renforcer la confiance de Claude S. Contacté, le docteur Hubert S. a refusé de nous répondre. Pourtant, Claude S. lui avait écrit une lettre manuscrite, dont nous avons copie, censée le mettre à l’abri d’ennuis judiciaires… au cas où ! Claude S. ne commencera à soigner son cancer sérieusement qu’en 2004. Jusque-là, il assurait: « Je sais comment ça vient et je sais comment ça part. »
Quelques jours avant sa mort, il avoua tout de même à sa femme : « Je me suis bien fait avoir. »

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