« Il disait : le cancer c’est dans la tête »

ANDRIES,CHLOE – Mercredi 16 juin 2010

Liège Le procès de Louis Vliegen

Chaque semaine, en 2002, le thérapeute Louis Vliegen recevait dans son bureau privé Mme Schommers, atteinte d’un cancer de l’estomac. Ce qu’il lui disait, ce qu’elle lui demandait ? Les versions divergent. Reste qu’après sa première visite chez le psychothérapeute, en février 2002, la patiente a abandonné ses traitements médicaux. Jusqu’à en mourir, quelques mois plus tard. Que s’est-il donc passé dans cet étrange bureau, pour déboucher sur une telle tragédie ?

Ce mardi matin, à la barre, c’est Joseph, le mari de la victime, qui vient témoigner. Ce petit homme rondelet, le visage mangé par des lunettes trahissant ses 77 printemps, accompagnait son épouse à chaque consultation chez Louis Vliegen : « La première fois que nous sommes allés chez lui, c’était pour guérir le cancer. Au bout d’une heure de discussion, nous étions convaincus qu’elle allait guérir. » Pourquoi diable choisir un psy pour réchapper d’une maladie grave ? Parce que leur fils, qui avait guéri d’un cancer quelques années plus tôt tout en arrêtant sa chimio, leur aurait expliqué qu’il s’était rendu chez Vliegen, qui l’aurait guéri.

Avant d’aller consulter le thérapeute, les Schommers avaient pris un rendez-vous à l’hôpital. Où ils n’iront jamais. « Il nous a dit que selon lui, ce n’était pas nécessaire. Il nous a garanti 80 % de chances de guérison. »

Lueur d’espoir

Par quel miracle ? « On a évoqué les théories de Hamer (fondateur de la nouvelle médecine germanique, à l’origine de la Biologie totale, pseudoscience affirmant que toute maladie se résout par la résolution de conflits psychologiques, NDLR). On avait entendu cela mais nous n’y connaissions trop rien. » Le couple aperçoit une lueur d’espoir. Chaque semaine, il retourne donc voir son sauveur présumé. Et cela, alors que l’état de la patiente se dégrade : « Il nous disait que le cancer c’était quelque chose qu’on a dans la tête. »

Les avocats de Louis Vliegen accusent le témoin de s’être contredit par rapport à sa première déclaration. Peu de temps auparavant, le thérapeute avait apporté sa version des faits. Sur les 80 % de chances de guérir qu’il aurait prédits à Mme Schommers, propos qu’il a confirmé dans sa première déclaration, l’homme répond cette fois : « Je ne m’en souviens pas, mais c’est possible. »

Article sur lesoir.be

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