Une médecine nouvelle controversée

T.V.A. Nouvelles – 7 mai 2010

L’équipe de J.E. a fait enquête sur un homme décédé d’un cancer dans d’atroces souffrances après avoir suivi les principes de la Médecine nouvelle germanique, qui prône de ne suivre aucun des traitements médicaux recommandés.

Alain Piat était atteint d’un cancer de la prostate et du cancer des os. Louise-Marie Bédard et François Leduc l’ont convaincu de s’en remettre à la Médecine nouvelle germanique. Ce mouvement, né en Europe au début des années 1980, affirme que toutes les maladies proviennent d’une «détresse émotionnelle inattendue».

Filmé par caméra cachée par l’équipe de J.E., François Leduc a expliqué certaines des théories du mouvement qu’il préconise. «Le cancer, c’est pas un ennemi, c’est un allié», explique l’homme. Il refuse également de croire à l’utilisation de la médecine moderne. «La chimiothérapie aussi, c’est sympathicotonique, résume-t-il. Comme j’ai dit, ça bloque la réparation.»

Alain Piat a écouté ces théories et a fini par être convaincu que ses deux cancers étaient dus à des conflits avec sa femme et sa fille. «Mon mari me le disait: ‘Il faut qu’on se sépare, François dit que je guérirais plus vite’», explique l’épouse du défunt, Véronique Maillard.

Sans médication, ses derniers jours ont été accompagnés de douleurs atroces. «Une fin de vie comme il a eue, c’est inhumain, se désole Véronique Maillard. De souffrir comme ça pendant un an, c’est inhumain.»

Les prophètes de la Médecine nouvelle germanique ont une autre vision de la souffrance. «C’est bon signe quand tu as mal, raconte Louise-Marie Bédard. Le corps se répare, c’est bon signe.»

Pour le Collège des médecins du Québec, les personnes qui ont conseillé Alain Piat pratiquent illégalement la médecine. «Ça ne tient pas debout cette hypothèse-là, s’insurge le président du collège, le docteur Yves Lamontagne, que vous devenez cancéreux parce que vous avez un conflit. Parce que si c’est ça, tout le monde est cancéreux.»

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